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Tout le monde joue au football au Bresil

lundi 13 mars 2017

Rotation des effectifs : Paris St-Germain en ligne avec les grands
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La première Lettre hebdomadaire de l’Observatoire du football CIES a été publiée en mars 2012. Pour célébrer le cinquième anniversaire du titre, nous avons classé les 54 clubs toujours présents dans le big-5 lors des cinq dernières années en fonction du nombre de joueurs utilisés dans des matchs de championnat. À un extrême, Genoa a aligné 137 joueurs différents ! Cette valeur n’est que de 55 joueurs à Athletic Club Bilbao, Bayern Munich et Borussia Mönchengladbach.
Huit des onze équipes toujours présentes dans le big-5 ayant aligné plus de 100 joueurs en championnat depuis mars 2012 sont italiennes. Ce résultat reflète l’approche très spéculative du marché des transferts privilégiée par les clubs de la Péninsule. La première place en Ligue 1 de Nice et Stade Rennais (91 joueurs) est par contre plutôt liée au grand nombre de joueurs issus du centre de formation lancés dans le bain du football professionnel.
Parmi les équipes ayant aligné le moins de joueurs, nous trouvons de nombreuses équipes très bien organisées et performantes. Parmi elles, il y a notamment Bayern Munich (55 joueurs), Paris St-Germain (64), Real Madrid (aussi 64), Arsenal (65) et Barcelone (66). La Lettre présente également le joueur par équipe ayant disputé le plus de minutes en championnat lors des cinq dernières années. En tête de classement on trouve le gardien de St-Etienne Stéphane Ruffier (16'650 minutes).

Nombre de joueurs différents alignés en championnat (du 01/03/2012 au 02/03/2017)

Clubs toujours présents dans le big-5 lors des cinq dernières saisons
[Max:] Joueur ayant disputé le plus de minutes de jeu avec le club concerné





mercredi 1 mars 2017

ON REFAIT LE MATCH

On refait le matchv-html
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Les animations sont particulièrement prisées des managers et de leurs adjoints. Elles servent à peaufiner les détails de leur alignement, au mètre près. Un travail méticuleux, protégé comme des stratégies militaires. Car ces détails révèlent aussi bien les forces que les faiblesses des équipes. Dès lors, l’obtention de ces images confidentielles (1) était assortie d’un deal : pas question, par exemple, de révéler les noms des équipes représentées ici. Qu’importe. L’œil expert de Damien Comolli ancien directeur sportif de Tottenham, Liverpool et Saint-Étienne, aujourd’hui consultant, nous en apprend déjà beaucoup.v-html




















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<div class="player-unavailable"><h1 class="message">Une erreur s&#39;est produite.</h1><div class="submessage"><a href="http://www.youtube.com/watch?v=PrHpbku9DNk" target="_blank">Essayez de regarder cette vidéo sur www.youtube.com</a>, ou activez JavaScript dans votre navigateur si ce n&#39;est pas déjà le cas.</div></div>
Premier constat, pour Damien Comolli : « De nombreux paramètres de jeu sont identifiés et mesurés dans cette reproduction de match. Le long des lignes extérieures apparaissent les distances en temps réel entre les différentes composantes de l’équipe. »
« La coordination des déplacements est essentielle. Avec ce type d’analyse, le manager peut se rendre compte si l’un de ses défenseurs a commis une erreur » - Damien Comolli
Compacité du bloc-équipe
Ces données permettent de définir l’état du bloc-équipe. Il est basé sur le principe que plus une formation est compacte, plus elle est difficile à battre. « Dans l’animation, on voit évoluer les distances entre chaque ligne et entre la défense et l’attaque. Idem dans la largeur. La distance entre chaque défenseur permet d’évaluer les opportunités de passe. Si les défenseurs sont proches, l’adversaire aura moins de solutions. » Dans l’idéal, la distance moyenne entre les défenseurs à la hauteur des 16 mètres doit être de 10 mètres, soit 30 mètres entre les deux latéraux. « L’objectif est de couvrir au mieux l’ensemble de la surface de réparation. Ce type de mesure est très prisé. C’est le moyen le plus scientifique pour mesurer la compacité du groupe. » En cas de match raté, ces conclusions peuvent influencer le contenu de l’entraînement dans les jours qui suivent, avec des mises en situation destinée à gommer les erreurs.
L’entraîneur peut également juger de la discipline de sa ligne arrière (ligne rouge) où, comme dans un ballet, l’improvisation peut coûter cher : « La coordination des déplacements est essentielle. Avec ce type d’analyse, le manager peut immédiatement se rendre compte si l’un de ses défenseurs a commis une erreur, ou encore dans quelle situation il a pris une mauvaise décision », continue le consultant.
Limiter les espaces
Le rectangle bleu indique la surface couverte par les défenseurs. « Lorsqu’elle devient plus importante, il peut y avoir danger. Les défenseurs sont éloignés les uns des autres, ce qui offre des intervalles pour les attaquants adverses », signale Damien Comolli. L’animation montre clairement le changement d’attitude en fonction de la situation de jeu. « En phase d’attaque, les défenseurs bleus ouvrent le jeu et le rectangle prend de l’importance. Mais lorsque le ballon est perdu et qu’ils doivent reculer, les défenseurs se rapprochent pour limiter les espaces. »
« Dans ce cas de figure, l’entraîneur peut très bien expliquer pourquoi le joueur n’a pas marqué lors du dernier match » - Damien Comolli




















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<div class="player-unavailable"><h1 class="message">Une erreur s&#39;est produite.</h1><div class="submessage"><a href="http://www.youtube.com/watch?v=Tw9B7TvxUXQ" target="_blank">Essayez de regarder cette vidéo sur www.youtube.com</a>, ou activez JavaScript dans votre navigateur si ce n&#39;est pas déjà le cas.</div></div>
Identifier les espaces
Ces données quasi chirurgicales sont aussi également très utiles en phase d’attaque. « Si l’on se met dans la peau du coach bleu, la distance entre les défenseurs blancs permet de comprendre les opportunités qui se sont présentées. Ici, l’entraîneur pourrait expliquer à son attaquant que la distance entre le 19 et le 21 était importante mais qu’il n’a pas su en profiter. Et, surtout, lui expliquer ce qu’il a fait de faux. »
Optimiser les courses offensives
Pour le staff, il est aussi possible d’effectuer un travail individuel plus poussé. Ici, cela semble être le cas pour le 9 bleu, qui laisse derrière lui une traînée représentant ses déplacements. « Dans un tel cas de figure, l’entraîneur peut très bien expliquer, par exemple, pourquoi le joueur n’a pas marqué lors du dernier match. Il peut discerner ses erreurs de placement à certains moments clés ou des déplacements erronés lorsque le ballon était dans une certaine zone. Pour que le joueur intègre au mieux la phase de jeu, il est aussi possible de superposer des images vidéo à l’animation graphique. »

(1) Merci à Prozone qui nous les a fournies en exclusivité. ProzOne étudie plus de 10 000 matchs par saison, au profit de 350 clubs, dans le monde entier

Neymar vs Ronaldinho - Santos 4 x 5 Flamengo (27/07/2011)

vendredi 17 février 2017

FIFA DA NELER OLUYOR

Le rapport secret de la FIFA (qui dit tout)v-html
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Pourquoi la FIFA a interdit la pratique de la propriété tierce. Une décision radicale.
En décembre 2014, le comité exécutif de la FIFA décide de prohiber la pratique permettant à un tiers de détenir les droits économiques (dits « droits fédératifs ») d’un joueur, en dehors du club pour lequel il joue. C’est ainsi qu’un footballeur pouvait être bradé « à la découpe » : x pour cent là, x pour cent ici, une jambe chez tel fonds d’investissement, une autre chez tel autre, les pieds chez un troisième. La mesure prohibitionniste est entrée en vigueur en mai 2015, assortie d’une période d’adaptation.
Auparavant, le gouvernement du football avait commandé une étude pour évaluer l’étendue de la propriété tierce (dite TPO) dans le football. Fléau pour les uns, bouée de sauvetage pour les clubs incapables de financer, seuls, des transferts toujours plus onéreux, la pratique divisait déjà le monde du foot pro. Le second volet de cette étude fut remis à la FIFA en juin 2014, au plus fort de la controverse. Ce rapport n’a jamais été rendu public, le voici en exclusivité pour Hors-jeu.
L’étude évoque plusieurs scénarios de régulation. Et si elle ne propose pas l’interdiction pure et simple de la propriété tierce, elle dépeint une situation d’une complexité impressionnante. Le rapport met ainsi en évidence un détournement et une perte de contrôle du marché des transferts. Elle évalue aussi à plus de 500 millions de dollars le montant tombé, en 2013, dans la poche des investisseurs plutôt que dans les caisses des clubs. Soit environ 10 % de la somme totale des transferts.
Les points clés du rapport
Les rouages du football menacés

L’étude met en évidence un monde opaque, où les mélanges des genres sont légion. Il existe une multitude de montages qui permettent de faire le commerce des droits économiques des joueurs.
Conflits d'intérêts

Tous ces acteurs ont besoin les uns des autres, ce qui ouvre la voie à d’énormes conflits d’intérêts. Par exemple, un entraîneur peut choisir de faire jouer untel, qui appartient à un fonds d’investissement dont il est membre du conseil, afin d’augmenter la valeur de « l’actif ». L’équité sportive est bafouée, puisqu’il sera plus intéressant de favoriser un joueur sur lequel de l’argent a déjà été investi plutôt qu’un jeune joueur formé localement. Ce double jeu est également possible pour les propriétaires de club ou les directeurs sportifs, qui peuvent user de leur position dans le but de s’enrichir.
Le plus souvent, les compositions des conseils des fonds d’investissement sont inconnues.
Opacité

Ces intérêts communs amènent à une cartellisation du marché des transferts, désormais contrôlé par quelques individus, souvent les grands intermédiaires. Pour les acteurs importants, cette cartellisation se concrétise par la mise en place d’une chaîne globale qui peut maîtriser un joueur depuis son plus jeune âge jusqu’à la célébrité. La composition idéale: une académie qui découvre le joueur, un club qui le met en valeur, une agence de représentation qui le monnaie et un fonds d’investissement qui récolte les bénéfices. L’ensemble est contrôlé par une holding, souvent basée dans un pays où la législation permet aux propriétaires de garder l’anonymat, à l’abri de toute indiscrétion bancaire.
Structure des holdings

Plus grave : les accords de propriété tierce étant privés, ils échappent à la législation sportive (litiges, mercato…). L’émergence d’un marché parallèle incontrôlé était un risque que les instances dirigeantes n’ont pas voulu prendre.
Détournement de transfert

Dans le football, le marché des transferts a un objectif : permettre aux clubs de se renforcer ou de se régénérer. Un but louable, mais que la propriété tierce détourne. Les transferts deviennent un instrument spéculatif au profit d’entités externes au football. La recette est simple : il suffit de multiplier les mouvements de joueurs avant la fin des contrats. Un brassage qui favorise l’inflation des indemnités de transfert.
L'argent avant le jeu
L’intérêt sportif passe alors après l’intérêt économique privé, ce qui n’est pas sans incidences graves sur le jeu lui-même. La multiplication des mouvements amène une instabilité des équipes, ce qui entraîne souvent une diminution de la qualité du jeu proposé. Côté supporters, la soumission aux intérêts économiques ou la spéculation avérée sur des êtres humains peuvent engendrer un sentiment de dégoût, voire de trahison, mauvais pour la notoriété du club. Des sentiments auxquels peut s’ajouter la suspicion quand le spectateur découvre qu’un même propriétaire ou fonds d’investissement « gère » des joueurs dans deux équipes directement opposées. Ce qui a été notamment le cas lors du tour préliminaire de la Champions League 2015-2016. Dans le duel entre Monaco et Valence, le public pouvait avoir l’impression que le maître du jeu était l’agent de joueur portugais Jorge Mendes, maître de la destinée de plus de dix joueurs répartis dans les deux formations.
Indispensable pour certains clubs
Malgré les risques, les adeptes de la propriété tierce restent nombreux, partout où la pratique est répandue : Amérique du Sud, Portugal, Espagne, Balkans. Vendre les droits économiques des joueurs à des entreprises privées est devenu une question de survie pour certains clubs en manque de liquidités. Sans cette manne, beaucoup connaîtraient la faillite. D’où la multiplication d’actions en justice, en Europe, depuis l’interdiction prononcée par la FIFA.
Pendant que la bataille juridique se profile, les investisseurs ont déjà trouvé le moyen de contourner l’écueil. Dorénavant, ceux-ci n’achètent plus directement des parts de joueurs, mais ils « prêtent » l’argent aux clubs de manière à ce que ceux-ci puissent procéder à leur recrutement. La répartition de la plus-value future est, elle, détaillée dans des accords privés. Les nouvelles règles sont ainsi respectées, mais le résultat est le même.
Premières sanctions en Belgique
Une suspension de quatre périodes de transferts et 150 000 francs suisses d’amende: c’est la sanction que la commission de discipline de la FIFA a infligée au club belge de Seraing (deuxième division) pour avoir violé les nouvelles règles interdisant la propriété tierce. La police du football reproche au club d’avoir vendu les droits économiques de plusieurs de ses joueurs à des tiers, en l’occurrence l’obscur fonds d’investissement Doyen. De plus, les contrats laissaient la porte ouverte à ces derniers pour peser sur l’indépendance du club et la politique des transferts.

Tombée le 17 septembre 2015, cette décision est une première dans le monde du football. Lourde, la sanction se veut dissuasive. Face à l’ampleur du phénomène et à l’opposition suscitée par l’interdiction dans certains pays, comme l’Espagne, pas sûr qu’elle fasse mouche.

samedi 28 janvier 2017

FUTBOLDA (VS) Kİ İKİ YÜZLÜLÜK

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L’anti-jeu de l’anti-dopagev-html
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Chaque année, environ 30 000 contrôles antidopage sont effectués à travers le monde dans le football professionnel. De nombreuses critiques sont toutefois émises quant à la qualité de cette surveillance. Comparé à d’autres sports, les contrôles effectifs dans le football sont moins nombreux, ce qui réduit l’efficacité du système antidopage.v-html

Jusqu’à récemment, dans le football, les tests antidopages étaient essentiellement urinaires, les contrôles sanguins faisant figure d’exception. Ces derniers sont pourtant essentiels, certaines substances dopantes, comme les hormones de croissance, ne pouvant être décelées que dans le sang. En la matière, le football allemand est un cas d’école. En effet, ce n’est que depuis la saison 2014/2015 que des contrôles sanguins sont venus compléter les analyses d'urine lors des matches de Bundesliga, mais aussi des entraînements. Dans d'autres sports, comme le biathlon, les contrôles sanguins ont non seulement été introduits bien plus tôt, mais aussi sur des périodes bien plus longues. Le but : déterminer dans la durée le profil sanguin de chaque athlète (passeport biologique), histoire de détecter le dopage grâce aux variations des paramètres sanguins.
Le foot, un sport à la mémoire courte
Lors des Jeux olympiques et autres grands événements sportifs, il est courant de congeler les échantillons prélevés pour une durée de 10 ans. Ce stockage permet d’analyser à nouveau les échantillons ultérieurement, à l'aide de méthodes de détection améliorées. Histoire de parvenir à confondre, plus tard, certains dopés, qui avaient utilisé des substances alors indétectables. Pour les échantillons de la Coupe du monde de football 2010 (Afrique du Sud), cette possibilité n'existe plus. Car à peine un an après la compétition, la FIFA a autorisé la destruction des échantillons, annihilant la possibilité de les analyser avec les nouvelles méthodes développées depuis.
Antidopage dans le foot : rien n’est laissé au hasard. Et ce n’est pas par hasard.
Les contrôles pendant les compétitions ne sont qu’une partie du système général de contrôle antidopage. Dans le football, deux joueurs par équipe sont contrôlés à la fin de chaque match. Cependant, bien plus importants sont les tests en marge des entraînement et entre les compétitions. Car c’est là que les athlètes récupèrent et se préparent pour la prochaine compétition. Durant les Jeux olympiques ou le Tour de France, les contrôles inopinés dans les chambres d’hôtel, le matin ou le soir, sont devenus monnaie courante. Ce n'est pas le cas dans le football. Par exemple, lors du Mondial 2014 au Brésil, aucun contrôle antidopage n'a été effectué entre les matchs au sein des équipes.
« Il m'est déjà arrivé de voir des contrôleurs antidopage se présenter chez moi à 8 heures du matin. (...)  Inutile de répondre à la question de savoir si une telle pratique est énervante. »
- Philipp Lahm
Les tests antidopage inopinés à domicile ? De bons avocats et tout s’arrange...
Les stars du foot allemand longtemps ont été épargnées. Mais depuis quelques années, elles sont également contrôlées chez elles, sans avertissement. Le capitaine du FC Bayern Munich, Philipp Lahm, a confirmé ces contrôles inopinés: « Il m'est déjà arrivé de voir des contrôleurs antidopage se présenter chez moi à 8 heures du matin. Nous devons tout indiquer. Je dois indiquer où je pars en vacances, si je suis à la maison ou ailleurs. Cela fait partie du jeu. Mais je pense qu’il est inutile de répondre à la question de savoir si une telle pratique est énervante.»

Il est toutefois fréquent que les joueurs de l'équipe nationale d'Allemagne ne soient pas chez eux lorsque les contrôleurs débarquent. La règle prévoit qu’une suspension soit prononcée après trois tests manqués - l'on appelle également "strikes" - au cours d'une même année. Le Dr Lars Mortsiefer, conseiller judiciaire auprès de l'Agence Nationale antidopage, la NADA, confirme que plusieurs joueuses et joueurs de foot ont déjà reçu un ou plusieurs strikes.
Pour éviter tout scandale de dopage lorsqu’ils ont manqués trois contrôles, les pros s’offrent les services de coûteux avocats. Certaines explications fantaisistes ont été données pour justifier les absences au moment des contrôles. Mais le public n'en saura rien, car les négociations se tiennent en coulisses.
Ce qui arrange tout le monde, y compris la fédération. En mai 2014, à Frankfort, Rainer Koch, président par intérim de la Fédération allemande de football (DFB) et président de sa Commission antidopage, tenait ce discours : « Aujourd'hui, un joueur de l'équipe nationale ne peut plus aller au cinéma ou, spontanément, à l'église. Ou faire quoi que ce soit d'autre. Il peut aussi oublier d'allumer son portable, c’est envisageable. C’est pourquoi nous, aussi bien la DFB et que l’Agence nationale antidopage, sommes d’avis qu’il serait suffisant de ne réaliser des contrôles que durant les entraînements.»

Sebastian Krause

FUTBOL VE VİRÜSÜ

L’agent, les fraudes, et la justice qui ferme les yeuxv-html
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Sauvé de la débâcle il y a une dizaine d’années, le Standard de Liège a retrouvé les honneurs du haut du tableau. Petit hic : le sauvetage a été salement entaché de délits, selon le ministère public liégeois. Fraude, blanchiment, sociétés écrans, hommes de paille et transferts douteux vont émailler la chronique judiciaire. Jusqu’à ce que les protagonistes de l’affaire, dont le principal, Licio D’Onofrio, ancien agent de Zidane, Deschamps, Henry, Ikpeba, Boksic ou Preud’homme, signent avec la justice belge des « transactions pénales » pour mettre fin aux poursuites. Hors-jeu dévoile le document qui valide cet accord, dont les termes restent secrets.v-html

Le droit belge prévoit une disposition toute particulière : la transaction pénale. C’est du donnant, donnant : la justice propose à l’auteur d’une infraction d’éteindre les poursuites à son encontre contre un paiement en monnaie sonnante et trébuchante. Autrement dit, l’auteur présumé d’une infraction achète son impunité et le ministère public belge, de son côté, s’assure de renflouer ses caisses. Il existe cependant des limites à cette négociation. L’infraction ne doit pas à être passible de plus de deux ans de prison. Et aucune atteinte grave à l’intégrité physique d'une  victime ne doit figurer dans l’affaire.
Un système tentaculaire de fraude et de blanchiment
Ce type de transaction a permis à des détenteurs de grandes fortunes de se sortir d’ornières judiciaires inconfortables. Comme le milliardaire belgo-kazakh Patokh Chodiev, proche de milieux mafieux, ou le patron de la F1, Bernie Ecclestone, poursuivi par la justice allemande pour corruption. Ils ont payé respectivement 23 et 74 millions d’euros.
Dans le « dossier Standard de Liège », ce sont également des transactions pénales qui vont mettre fin aux poursuites contre les principaux protagonistes de l’affaire.
En 2014, dix ans après le début de l’enquête concernant le club, suspecté d’avoir été repris par des hommes d’affaires peu scrupuleux, plusieurs personnes inculpées ont déjà conclu des transactions pour éviter leur renvoi en correctionnelle. On apprend alors que les acteurs centraux de l’affaire sont en train de négocier pour en faire de même. En novembre 2015, tous les cadors du foot belge impliqués dans l’affaire ont négocié leur impunité. Le document révélé par Hors-jeu est l’arrêt de la Cour de cassation qui valide cette transaction pénale conclue entre la justice belge et cinq inculpés (trois hommes, deux sociétés) du dossier. Ces trois pages signifient officiellement que toutes les personnes morales et physiques inculpées ne feront jamais face à la justice pour les faits qui leur sont reprochés. Et qu’elles n’ont eu qu’à payer pour ça.
Parmi ces individus, on retrouve celui que la justice désigne comme la clef de voûte d’un système tentaculaire de fraude et de blanchiment, ainsi que son plus proche complice présumé.
S. R. : Reto Stiffler, le président qui n’en était pas un

Reto Stiffler fut officiellement le président du Standard de Liège à partir d’octobre 2000 jusqu’au rachat du club par un nouveau propriétaire à la fin de la saison 2011.
« Officiellement », car il n’est un secret pour personne qu’il n’a jamais été le vrai patron du club de bord de la Meuse. Il le reconnaîtra lui-même à mots à peine feutrés en 2006 : « Je ne m'occupe pas de la gestion quotidienne. C'est impossible en étant à Davos [en Suisse, où Stiffler a sa résidence et d’où il gère ses activités]. Pour diriger, il faut être sur place. C'est pour cela que Luciano D'Onofrio a été nommé vice-président. Il fait comme les autres présidents en Belgique », confie-t-il au quotidien belge « La Libre Belgique ».
Il restera basé dans les Alpes suisses tout le temps que durera sa présidence.  
D’. L. et L.D. : D’Onofrio Licio (aka Lucien ou Luciano), le boss

Fils d’un immigré italien venu travailler dans les mines de la région liégeoise, dans l’ouest de la Belgique, Licio D’Onofrio est l’archétype du self-made-man. Même si son patrimoine reste difficile à établir, il est certain qu’il est aujourd’hui richissime. Et, accessoirement, un habitué des tribunaux.
D’Onofrio est aussi l’un des personnages les plus influents du football européen, et donc mondial. Il fut l’agent de Zinédine Zidane (aujourd’hui entraîneur du Real Madrid), de Thierry Henry (aujourd’hui le consultant sportif le mieux payé au monde) ou de Didier Deschamps (aujourd’hui sélectionneur de l’équipe de France). Encore maintenant, D’Onofrio tutoie le gratin des dirigeants du football planétaire.
Paradoxalement, la blessure qui brise sa (modeste) carrière de joueur (en premières divisions belge et portugaise) va marquer le début de son ascension dans le monde du ballon rond. Nous sommes au début des années 80 et Lucien D’Onofrio, 28 ans, part se soigner à Milan. Il devient conseiller sportif pour l’un des clubs de la ville, le prestigieux Inter Milan. Il se révèle très doué dans ce rôle et part en 1985 exercer ses talents au FC Porto, dans le nord du Portugal. D’abord chargé des relations extérieures, il devient manager général du club. En 1987, c’est sous sa gérance sportive que Porto remporte la plus prestigieuse compétition européenne : la Coupe des clubs champions, ancêtre de la Champions League. Licio D’Onofrio n’a que 32 ans.
L’agent n° 1 en Europe
Fort de son succès en tant que dirigeant, il se constitue rapidement un solide carnet d’adresses. Il a toutes les cartes en main pour réussir dans le métier d’agent auquel il se destine: entregent, contacts, connaissance du milieu et de ses codes, une réputation basée sur des résultats… Sans surprise, il devient en quelques saisons un agent très en vue. Peut-être l’agent le plus puissant d’Europe. A l’époque, la régulation du métier par la FIFA demeure extrêmement pauvre. Ce qui n’est de loin déjà plus le cas de Lucien D’Onofrio : en plus des stars internationales précitées, cet enfant de la classe ouvrière a désormais un réseau qui le rend pratiquement incontournable sur la place européenne.
Outre les superstars françaises, Lucien D’Onofrio compte dans son portefeuille des internationaux tels que le Croate Alen Boksic, le Nigérian Viktor Ikpeba, le Belge Michel Preud’homme (élu meilleur gardien du monde en 1994) ou encore le portier mythique de la sélection portugaise, Vitor Baia. Entre autres.
Une fois fortune faite, Luciano D’Onofrio fixe à nouveau, à partir de 1998, ses activités à Liège. Au Standard, l’un des clubs les plus populaires de Belgique mais qui n’a plus été champion depuis 1983. Le président du club, André Duchêne, cherche alors des investisseurs pour rendre au « matricule 16 » son lustre d’antan. L’enfant du pays D’Onofrio va répondre à cet appel. Dix ans après son arrivée, il réalise l’impossible : le Standard de Liège est redevenu champion de Belgique. Et deux fois d’affilée (en 2008 et 2009).
Pour y arriver, il fait jouer ses contacts et parvient à convaincre le milliardaire Robert Louis-Dreyfus (R. L.-D.) d’injecter avec lui de l’argent chez les « Rouches ». Il s’agira de plus de 35 millions d’euros dont 90 % investis par « R. L.-D. » et 10 % par D’Onofrio. Dans la plus grande discrétion en ce qui concerne le second.
L’opacité chevillée au corps
En effet, dès 1999, Lucien D’Onofrio investit dans le club et s’occupe directement de ses affaires mais son nom n’apparaît directement ni dans l’actionnariat du club, ni dans l’organigramme, jusqu’en 2004. Comment y parvient-il ? Et pourquoi agit-il de la sorte ? Voici l’explication : en tant qu’agent de joueur, il ne pouvait pas cumuler cette fonction et une activité officielle au sein d’un club, histoire d’éviter les conflits d’intérêts. Mais l’homme d’affaires va trouver des artifices pour contourner ce type d’obstacle.
Quant à ses investissements dans le Standard, ses injections de capital ont en grande partie été effectuées via une société écran. Une société filiale d’une autre société écran, elle-même impliquée dans des opérations frauduleuses liées à des transferts de joueurs à la fin des années 90, les fameux transferts frauduleux de l’OM. Transferts pour lesquels l’ex-agent a été condamné à de la prison ferme par la justice française.
A partir du milieu des années 90 et jusqu’à la transaction pénale de 2015, il sera en fait condamné dans plusieurs dossiers ayant tous pour fil rouge des fraudes liées à ses activités footballistiques et impliquant des sociétés écrans.
International Agency for Marketing : la pièce centrale d’un système de fraude institutionnalisé
Dans la sombre affaire dite de la caisse noire du SC Toulon (près de 13,6 millions de francs – environ 2millions d’euros – détournés lors de transferts), il est condamné par le tribunal correctionnel de Marseille à un an de prison avec sursis et à une amende pour faux, usage de faux et abus de confiance. Le condamné y est qualifié par le procureur général de « spécialiste de fourniture en fausses factures », fournies par IAM. IAM pour International Agency for Marketing, une société offshore basée administrativement au Liechtenstein et dont la justice française a prouvé que le bénéficiaire économique n’était autre que Luciano D’Onofrio. Nous sommes en 1995.
IAM apparaît ensuite dans le procès des transferts frauduleux de l’Olympique de Marseille. Cette affaire concerne des transferts effectués par le club phocéen entre 1997 et 1999. Des transferts très en vue, puisque les cas du champion du monde Christophe Dugarry et de l’avant-centre star de l’OM, Fabrizio Ravanelli, sont dans le collimateur.
Ces transferts ont donné lieu à des « majorations frauduleuses », selon les termes mêmes du jugement. Le montant des transferts était gonflé et une partie de ces excédents reversée frauduleusement aux joueurs. Une rémunération occulte qui permettait aux dirigeants d’offrir des salaires moindres aux joueurs et donnait donc au club le moyen de payer nettement moins de cotisations fiscales et sociales. Au passage, les intermédiaires – au premier rang desquels se trouve Luciano D’Onofrio – prenaient leur part du gâteau.
C’est la société IAM qui récupérait les montants frauduleux et les rétrocédait sous la forme de commissions illicites.
Un système de fraude qui vaudra à Luciano D’Onofrio de se voir infliger, en juin 2006, deux ans de prison, dont dix-huit mois avec sursis, 200 000 € d’amende et deux ans d’interdiction d’exercer une activité liée au football en France. Sa condamnation dans ce dossier devient définitive en octobre 2008, après que son pourvoi en cassation a été rejeté.
Parmi les autres condamnés de cette affaire, on retrouve de vieux comparses de D’Onofrio : Rolland Courbis, ancien entraîneur de l’OM (deux ans de prison ferme), et le milliardaire Robert Louis-Dreyfus (dix mois de prison avec sursis).  
Kick International Agency et Alalunga Anstalt Vaduz : les écrans

C’est donc avec l’inculpation de Luciano D’Onofrio qu’éclate l’affaire du sauvetage et des transferts douteux du Standard. Ce 22 juin 2011, son plus proche complice présumé et trois de ses sociétés sont également inculpés. Parmi celles-ci, une autre vieille connaissance : International Agency for Marketing. Une partie de l’argent des transferts frauduleux de l’OM qui y a transité est soupçonnée d’avoir été blanchie lors des injections de capital effectuées par D’Onofrio dans le club liégeois et dans des opérations immobilières.
Cette société n’est pas reprise dans l’arrêt de la Cour de cassation de Belgique, car elle n’est pas concernée par cette transaction pénale. En revanche, deux des sociétés écrans de la galaxie D’Onofrio sont nommément citée s: Alalunga Anstalt Vaduz et Kick International Agency.
Alalunga Anstalt Vaduz
Alalunga Anstalt Vaduz est, comme IAM, une société de droit du Liechtenstein. Mais son siège est sis à Lugano, en Suisse. Elle a été inculpée car soupçonnée d’avoir été utilisée comme écran pour des transactions douteuses, notamment de blanchiment de commissions occultes via des investissements immobiliers.
Cette société est propriétaire de la bâtisse où Luciano D’Onofrio a élu domicile, dans le centre de Liège : un somptueux hôtel particulier du XVIIIe siècle, revu et corrigé par l’architecte Charles Vandenhove, un des architectes belges les plus importants de ces dernières décennies.
La société détient également trois immeubles de rapport, qui sont, ou ont été, habité par des proches de l’ancien homme fort du Standard.
Kick International Agency
Kick International Agency est, elle, une société des Pays-Bas. C’est via Kick International Agency que plus de 3,5 millions d’euros injectés dans le Standard entre 1999 et 2002 ont été versés à Luciano D’Onofrio, si l’on en croit la démonstration de l’instruction.
Et qui est devenu l’actionnaire unique de cette société à partir du 28 mai 1998 ? La sulfureuse International Agency for Marketing… Et quand ? Le 28 mai, soit à peine trois jours après l’assemblée générale extraordinaire des actionnaires du Standard durant laquelle Robert Louis-Dreyfus et Lucien D’Onofrio ont présenté le sauvetage du club. Intéressante coïncidence.
Par ses investissements, la société Kick International Agency est actionnaire minoritaire du club de Sclessin à hauteur de 10 %. Ces parts ont été saisies à titre conservatoire, juste avant la revente du Standard à un nouveau propriétaire.
Une revente conclue le 23 juin 2011, autrement dit… le lendemain de l’inculpation de Luciano D’Onofrio, de trois de ses sociétés et de celui que la justice désigne comme son prête-nom : Maurizio Delmenico.
Ce personnage a bien été inculpé pour faux, usage de faux et blanchiment en même temps que Luciano D’Onofrio dans le dossier Standard. Comme ce dernier, il a préféré monnayer une transaction pénale plutôt que de faire face au tribunal correctionnel. Il figure dès lors dans l’arrêt de la Cour de cassation.
D.M.S. ou M.D. : Maurizio Delmenico, le prête-nom

S’il a été démontré par l’instruction qu’il en était le bénéficiaire de facto, le nom de Luciano D’Onofrio n’apparait cependant officiellement dans aucune des trois sociétés dont il est ici question. Par contre, un nom revient systématiquement : celui de Maurizio Delmenico.
Dans les structures des sociétés écrans de la galaxie D’Onofrio, cet homme est aussi omniprésent que Lucien D’Onofrio est discret.
Qui est Delmenico ? Un homme d’affaires, agent fiduciaire, réviseur d’entreprises, administrateur de plusieurs dizaines de sociétés et… agent de joueur agréé par la FIFA. Il est basé à Lugano, en Suisse. La Suisse, considérée comme l’épicentre bancaire de toute « l’affaire Standard de Liège ».
La justice liégeoise a par exemple réussi à y retrouver la trace de flux financiers, à hauteur de 1,7 million d’euros, soupçonnés d’être liés à des commissions illicites perçues par Luciano D’Onofrio via le système bancaire helvète.
Ces fonds auraient ensuite aussi été blanchis lors du sauvetage du Standard entre 1999 et 2002. C’est déjà en Suisse (et plus particulièrement sur un compte de la Corner Banca de… Lugano) qu’une commission occulte de plus de 800 000 € sur le transfert de Fabrizio Ravanelli à l’OM avait été versée à… IAM. Société dont l’administrateur n’est autre que Maurizio Delmenico lui-même.
Comme l’a brillamment illustré une enquête de David Leloup (pour le journal « Le Soir »), « M.D. » est l’administrateur d’au moins une dizaine de sociétés écrans de la galaxie offshore échafaudée par lui et par Luciano D’Onofrio. Il y est l’homme de paille de ce dernier, son prête-nom.
Depuis sa condamnation dans le procès OM, Luciano D’Onofrio n’est plus habilité à officier comme agent de joueur ? Qu’à cela ne tienne, Maurizio Delmenico est devenu lui-même agent agréé par la FIFA. A ce titre, il peut le cas échéant servir de façade aux activités d’intermédiaire de l’ombre de Luciano D’Onofrio lors de transferts.
Dans son réquisitoire, le parquet de Liège pointe, outre les cas Ravanelli et Dugarry, au moins sept autres transferts qui auraient ainsi permis à Luciano D’Onofrio de toucher des commissions frauduleuses. Il s’agit des transferts d’Alen Boksic, Dimas Teixeira, Vitor Baia, Sergio Conceiçao (star internationale qui finira sa carrière… au Standard), Jean-Jacques Missé-Missé, Filip De Wilde et de l’entraîneur Robert Waseige (à la tête de l’équipe nationale belge lors de la Coupe du monde 2002).
Epilogue : la mission princière, Anderlecht et le prestige
Une certitude : Luciano D’Onofrio est un génie du montage financier, condamné à plusieurs reprises, jamais emprisonné pour ses délits financiers, et qui ne semble avoir jamais changé sa manière d’opérer dans le foot-business.
Et sa dernière inculpation n’a apparemment pas terni sa réputation dans le milieu : Lucien D’Onofrio y reste un personnage très sollicité. Au point qu'on le voit collaborer étroitement avec le plus grand rival historique du Standard : le Royal Sporting Club d’Anderlecht, 33 fois champion de Belgique et trois fois vainqueur en Coupes d’Europe.
Moins de quatre ans plus tard, les Mauve et Blanc doivent à leur nouvel « agent privilégié » (selon les mots du communiqué officiel du club bruxellois) les arrivées de Steven Defour, de Porto, ou encore les emprunts de Marko Marin à Chelsea et de Rolando à Porto. Ce dernier filera ensuite à l’OM. Les réseaux de la galaxie D’Onofrio fonctionnent toujours bel et bien.
En mars 2015, lors d’un dîner de gala organisé par le Sporting, le compte officiel du club poste sur les réseaux sociaux une photo qui suscitera moult commentaires. Alors qu’il n’a toujours pas de fonction officielle, Luciano D’Onofrio trône au milieu des convives, entre le président du club et son bras droit.
A la même période, un autre événement, pas directement lié au football celui-là, illustre combien le prestige de cet homme de l’ombre n’a pas pâti de ses déboires judiciaires.
Du 21 au 27 mars 2015, une mission princière économique est emmenée au Qatar et aux Émirats arabes unis. A sa tête, la princesse Astrid de Belgique, sœur du roi Philippe. Dans ses bagages, elle emmène plusieurs dirigeants d’entreprise désireux de vendre la Belgique et leurs produits au Moyen-Orient.
Parmi les entreprises représentées, la très florissante société pharmaceutique Mithra. Cette société choisit d’étoffer sa délégation avec un consultant de choix, qui a de très bons contacts dans la région : Luciano D’Onofrio. Il figure d’ailleurs sur la brochure officielle de la mission princière et confiera à la presse avoir conclu plusieurs contrats à cette occasion.
Ainsi, les lendemains de « l’affaire Standard » semblent être des lendemains qui chantent pour Luciano D’Onofrio : prestige intact, un rôle de choix au sein du club le plus riche de Belgique, pas de condamnation…
Enfin, pas de condamnation, ce n’est pas tout à fait exact. A bien y regarder, l’arrêt de la Cour de cassation « condamne » tout de même « D’. L. » et son acolyte :


ARAŞTIRMA SORUŞTURMA MI DEMİŞTİK?

Des entreprises aussi puissantes que discrètes

KROLL

De loin, cela ressemble à un club des « ex ». Sauf qu’ils ne sont pas sur la touche. Une fois leur carrière publique terminée, un bon nombre d’anciens des services secrets, de la police, de la justice ou de la communication se lancent dans le renseignement privé, bien plus lucratif, où leurs réseaux mondiaux font des merveilles. Multinationales, organisations, agences gouvernementales leur confient des missions sensibles. L’industrie du sport n’échappe pas à la règle. Voici cinq acteurs de l’ombre qui sont entrés sur le terrain en toute discrétion.

  • Création : 1972.
  • Fondateur : Jules Kroll.
  • Pays : Etats-Unis, Manhattan.
  • Présent dans 55 villes et 26 pays dans le monde. Plus de 2 000 employés.

Propriétaire actuel : Corporate Risk Holdings. Un groupe dont la majorité est elle-même détenue par plusieurs fonds d’investissement.
Services : Kroll se décrit comme le leader mondial de la gestion du risque et de l’intervention. Sa clientèle se compose de cabinets d’avocats, de sociétés financières, d’institution sans but lucratif (liées au sport, par exemple), d’agences gouvernementales et d’individus.
Général : Kroll est la référence du renseignement privé. La multinationale est surnommée « la CIA de Wall Street ». Elle a notamment retrouvé les fonds cachés des dictateurs Jean-Claude Duvalier (Haïti), Ferdinand et Imelda Marcos (Philippines) ou Saddam Hussein. Très peu de ses faits d’armes arrivent à la connaissance du public.
Sport : Kroll est très souvent évoqué dans le monde du sport, sans que l’on sache toujours ni son rôle, ni même la firme pour laquelle elle s’active. Kroll a notamment travaillé pour la candidature Qatar 2022. En 2010, le groupe aurait également mené une enquête approfondie sur Michel Zen-Ruffinen, l’ancien secrétaire général de la FIFA. Dans le domaine du cyclisme, les hommes de Kroll ont vidé le siège de l’Union cycliste internationale (UCI) de ses ordinateurs et autres documents à la demande de Brian Cookson, élu à la présidence quelques minutes plus tôt. Histoire de sécuriser les preuves d’un passé trouble.

QUEST
  • Création: 1997.
  • Patron : lord Stevens, baron Stevens of Kirkwhelpington, ancien commissaire de la Metropolitan Police de Londres. Il est devenu célèbre pour avoir enquêté sur la mort tragique de la princesse Diana.
  • Pays : Grande-Bretagne, Londres. Bureaux à Londres, New York et Doha.

Services : offre une couverture mondiale et digitale dans les enquêtes, la sécurité et le renseignement. Sa clientèle est composée d’entreprises, d’organisations gouvernementales, d’entités sportives et de riches clients privés (protection de leur fortune).
Général : très discrète au sujet de ses clients économiques et gouvernementaux, la société a notamment enquêté sur le scandale du journal « News of the World » (piratage téléphonique). Le  groupe est plus ouvert en ce qui concerne le sport. Il a même lancé un symposium dédié à ce secteur, le Pioneers in Sports Policy Forum.
Sport : Quest est un incontournable du secteur. Le groupe a collaboré avec la Fédération équestre internationale (dopage de chevaux), la Premier League anglaise (manipulation de matchs), la Fédération internationale de fléchettes (manipulation), dans la F1 (pour Max Mosley, après un accident, à Singapour, en 2009) ou pour la candidature de Londres aux JO 2012. Dans le football, Quest a récemment apporté ses services au candidat jordanien, le prince Ali, pour l’élection du président de la FIFA. Auparavant, Quest a notamment œuvré pour Qatar 2022. La proximité avec l’émirat reste forte puisque lord Stevens préside le conseil de l’ICSS (International Center for Sport and Security), créé par les Qatariens en 2010. Un organisme pour lequel travaille Chris Eaton.

VERO
  • Création : 2006.
  • Patron et fondateur : Mike Lee. Il a fait ses armes pour la Premier League et l’UEFA, au début des années 2000.
  • Pays : Grande-Bretagne, Londres.

Services : communications et lobbying dans le monde du sport. Proche de l’International Center for Sport and Security et de Quest, avec qui l’agence travaille régulièrement.
Sport : candidatures prestigieuses, campagnes électorales, Vero est devenu une pièce maîtresse. La société a conseillé Gianni Infantino dans la campagne qui l’a mené à la présidence de la FIFA. En 2015, elle travaillait pour son… rival, le prince Ali de Jordanie. Auparavant, la société conseillait aussi l’UEFA et Michel Platini, président suspendu de la confédération européenne. En cyclisme (présidence de l’UCI), elle était derrière Brian Cookson et en athlétisme (présidence de l’IAAF), derrière Sebastian Coe. Pour les grandes compétitions, Vero se targue d’avoir organisé le lobbying pour Qatar 2022 et Brazil 2014 (coupes du monde de football), Londres 2012, Rio 2016 et PyeongChang 2018 (JO). La candidature Paris 2024 a également décidé de lui confier son avenir. A noter encore, parmi ses clients, les organisations qatariennes ICSS et Aspire Academy, ainsi que les candidatures (rejetées) pour les JO d’été de Doha 2016 et 2020. 

INTERNATIONAL FG SOLUTIONS
  • Création : 2007.
  • Patron et fondateur : Louis J. Freeh. Ancien directeur du FBI (1993 à 2001) et juge fédéral américain. Révélé, entre autres, par son enquête sur la Pizza Connection (trafic de drogue par la mafia sicilienne). Son règne au FBI est notamment marqué par l’explosion du vol TWA 800 ou les affaires Waco et Unabomber.
  • Pays : Etats-Unis.

Services : Freeh Group se vante de pouvoir offrir des « solutions » partout dans le monde, dans les domaines de l’intégrité, la sécurité ou les enquêtes. Son siège européen est situé à Zurich. Il prodigue aussi des conseils, voire plus, dans la lutte anticorruption et l’antiterrorisme.
Sport : le nom de Freeh Group apparaît dans le monde du sport en 2011. Il est chargé par la commission d’éthique de la FIFA d’enquêter sur le rôle joué par le Qatarien Mohammed bin Hammam dans les Caraïbes. Les recherches vont ensuite s’étendre à la structure de corruption dans la région. Plus tard, Freeh Group a collaboré avec Michael Garcia, ancien président de la commission d’éthique de la FIFA, ancien juge US dont l’épouse travaille au FBI, lors de son enquête sur l’attribution des coupes du monde 2018 et 2022.

S.I.C
  • Création : 2013.
  • Président : Alain Cayzac, ancien publicitaire (RSCG, Eurocom, Havas), ancien président du Paris Saint-Germain, banquier privé.   
  • Pays : France et Suisse.


Sports : Sport Intelligence Company travaille uniquement dans le monde du sport. Ses services s’adressent aussi bien aux fédérations et aux clubs qu’aux particuliers. La société est active dans la gestion de crise, la prévention de la corruption, le lobbying pour des candidatures, les enquêtes et les analyses (matches truqués, blanchiment, dopage, transferts de joueurs). SIC a notamment collaboré activement à l’élection de Gianni Infantino à la présidence de la FIFA.